Interpellé hier, 29 mai, 19è jour de lutte, par des grévistes à Paris gare de lyon, l’un de nos directeurs aurait lancé: “Chez Cremonini, on n’a pas l’habitude de négocier le week-end, alors bonne grève et à mardi”

GREVE DE LA RESTAURATION FERROVIAIRE DEPUIS LE 11 MAI

Les salariés de la restauration ferroviaire ont cessé le travail depuis le 11 mai, avec un taux de grévistes de 80% en moyenne depuis près de 3 semaines.

Au mois d’octobre 2008, la SNCF a pris la décision économiquement aberrante de diviser en deux le marché de la restauration ferroviaire, le service à terre (logistique, avitaillement), restant, mais pour une année seulement, à Wagons-lits, entreprise historique, et le service à bord (commercial) étant attribué à CREMONINI, selon la logique du moins disant. Il est à noter que seulement ces deux sociétés avaient répondu à cet appel d’offre. Un mouvement de grève des salariés n’avait pas réussi à infléchir cette décision.

Depuis le 1er mars 2009, c’est donc Crémonini qui a repris 1300 salariés Wagons-lits, avec pour conséquence une situation qui s’est avérée très rapidement intenable :

-Dégradation des conditions de travail à bord : les hôtesses et stewards travaillent plus pour faire moins de chiffre et donc pour gagner moins et gèrent au quotidien le mécontentement de la clientèle, conséquences d’une nouvelle gamme non appropriée et d’une organisation logistique déplorable,

-Remise en cause des organisations de travail, de la représentation du personnel (jusqu’à la contestation des mandats syndicaux devant les tribunaux), non respect des accords et des usages,

-Volonté affichée de faire table rase des équilibres sociaux construits au fil des années, plan social à venir,

-Dégradation du service pour les usagers : baisse de la qualité de l’offre qui sape le travail de reconquête de la clientèle mené depuis près de 10 ans.

Ce qui entraîne une situation économique catastrophique : le CA a chuté de près de 30% dès le 1er mois et presque 50% des produits périssables sont jetés,

Face à cette situation, l’intersyndicale nationale revendique :

-Le respect des accords d’entreprise et des statuts des salariés,

-Le maintien des emplois,

-Le maintien des niveaux de rémunération,

-Le respect des organisations de travail en place.

A ce jour, seulement 3 réunions entre la direction et les partenaires sociaux ont eu lieu, démontrant l’absence de volonté de la direction d’entrer dans un processus de négociation. Au contraire, au 13ème jour de grève, 23 salariés étaient assignés en justice pour « voies de faits », et finalement relaxés.

Par ailleurs, la nomination par la SNCF d’un médiateur depuis l’attribution du marché en octobre s’avère à ce jour infructueuse. Au soir du 19ème jour, aucune avancée significative ne nous permet d’envisager une issue au conflit. Nous continuons à attendre une intervention de la SNCF, donneur d’ordre, qui ne parait pas pressée d’aider à rétablir, pour ses usagers, le service auquel ils ont droit. La SNCF préférera visiblement offrir une rallonge de la subvention, dérisoire au départ, à un sous-traitant privé qui ne l’utilisera pas à bon escient, plutôt que de financer dès l’origine un service de qualité, ce qui aurait évité aux salariés cette grève et la perte de salaire conséquente.

Il semble que notre employeur parie sur l’essoufflement du mouvement, nous rassemblons nos forces et tout soutien sera le bienvenu.

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