Communiqué de presse
Depuis le 16 juin dernier, dans le contexte de crise mondiale, alors que Teleperformance ouvre ou va ouvrir des centres de contacts dans des pays * low-cost*[1], les salariés de Teleperformance Centre-Est sont mobilisés pour défendre leurs emplois menacés par un plan de licenciements déguisés mis en œuvre par Teleperformance France pour augmenter les dividendes des actionnaires.
En janvier 2009, afin notamment d’ « offrir de nouvelles perspectives aux collaborateurs[2]», Teleperformance, leader mondial des centres d’appels (79 800 stations de travail informatisées et plus de 88 000 collaborateurs répartis sur 248 centres de contacts dans 46 pays) a fusionné ses différentes filiales en France[3] en quatre sociétés opérationnelles[4] dépendantes d’une société mère Teleperformance France.
En fait de nouvelles perspectives, c’est un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) qui attendait les salariés le 16 juin 2009.
Alors que Teleperformance continue sa croissance en période de crise :
- Chiffre d’Affaire en hausse de 7,6% au premier semestre 2009 ;
- Bénéfice de 52,8 millions d’euros ;
- Excédent de trésorerie de 37 millions d’euro ;
Et alors 18 millions d’euro sont mobilisés sur trois ans, dont six débloqués par l’Etat, pour promouvoir la création d’emplois dans les centres d’appels, c’est sous couvert du contexte mondial économique difficile que Teleperformance a annoncé, à la vielle des congés payés, un PSE bâclé et au rabais[5] qui menace directement 500 emplois.
En Ile de France, la moitié des emplois est en péril (440 sur près de 900 salariés) et, à Lyon, 35 postes d’agents de maîtrise et de cadres vont disparaître. Les salariés concernés sont les plus anciens dans l’entreprise et sont à l’origine de l’assistante technique Wanadoo actuel Orange(Pantin) et de la relation client intineris actuel Orange Mobile (Montigny). Nombre d’entre eux ont déjà accepté plusieurs délocalisations ces cinq dernières années :
- De Paris Montparnasse au Kremlin Bicêtre ;
- Du Kremlin Bicêtre à Montreuil ;
- De Montreuil à Guyancourt ;
- De Guyancourt à Pantin
Grâce à leur expertise et à leur ancienneté, ils perçoivent des salaires supérieurs aux salaires proposés par Teleperformance dans ces projets de refonte des accords sociaux qui remplaceront tous les acquis existants, pour repartir sur des minima sociaux, accroître la précarité des salariés et augmenter les dividendes versés aux actionnaires.
Pour les salariés du site de Pantin les plus chanceux Teleperformance propose une délocalisation à Villeneuve d’Ascq et pour les salariés du site de Montigny-le-bretonneux une délocalisation à Orléans , à plusieurs centaines de kilomètres de leur domicile et plusieurs heures de transport par jour. Une telle délocalisation à pour seul objectif de pouvoir licencier les salariés pour refus de mobilité et à baisser les coûts de production au détriment des consommateurs. Pour les autres, Teleperformance propose des déclassements en province où une mobilité à l’international, aux conditions locales, en Roumanie ou aux Philippines par exemple.
Sur les autres sites du groupe, maintenant que les salariés connaissent la valeur des promesses de leurs patrons, des mobilisations s’organisent comme à Reims, au Mans, à Nantes …. Toute l’entreprise est concernée par ce PSE. Il en préfigure d’autres pour produire toujours moins cher, à des conditions sociales toujours moins-disantes et au prix de délocalisations toujours plus nombreuses et plus lointaines.
A l’heure où le chef de l’Etat se mobilise contre les Patrons Voyous, pour sauver l’emploi en France et améliorer le climat social à France Telecom :
- Faut-il menacer de faire exploser au gaz les sites de production pour être entendus ?
- Faut-il saccager une préfecture pour être entendus ?
- Faut-il se suicider pour être entendus ?
Jusqu’à présent les salariés des sites de Pantin et Montigny sont restés pacifiques dans leurs manifestations :
- Baisse drastique de la productivité ;
- Occupation des locaux ;
- Manifestation devant le siège social de l’entreprise lors des CE et CCE ;
- Manifestation place du Châtelet le 8 septembre pendant le référé contre les PSE ;
- Manifestation sur le Parvis de France Télévision le 16 octobre ;
- Manifestation avec les salariés de la métallurgie le 17 octobre.
Faut-il attendre que les choses dégénèrent pour en parler ? Ne vaut-il pas mieux mettre en pratique le principe de précaution ?
[1] Inde http://www.euroinvestor.fr/news/story.aspx?id=10610895 ; Tunisie http://www.tunisiait.com/article.php?article=4005 et Maroc prévision d’ouverture de deux centre en 2010
[2] Communiqué de presse de Teleperformance du 20 janvier 2009
[3] Cashperformance, Comunicator, Infomobile, TechCity Solutions France, Teleperformance France, Teleperformance Midi-Aquitaine, Teleperformance Nord, Teleperformance Rhône-Alpes, TPH Services Télécom
[4] Teleperformance Nord-Champagne, Teleperformance Centre-Est, Teleperformance Centre-Ouest et Teleperformance Grand-Sud
[5] Un constat de carence a été notifié par la Direction Départementale du Travail, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle des Yvelines le 8 juillet 2009 et le 9 septembre 2009
*Salariés de Teleperformance*