Des silhouettes de couleur sombre plantées devant l’entrée des salles de travail, au deuxième étage du site de Teleperformance, à Montigny. Pour les 300 salariés qui y officient, la présence de quatre vigiles fait désormais partie de leur quotidien. Une vision que les téléopérateurs de l’entreprise, numéro un des centres d’appels en France, jugent anxiogènes.
Le plan social, gelé par la justice jusqu’au 1er décembre, prévoit 157 licenciements, la fermeture de trois sites (Montigny-le-Bretonneux, Pantin en Seine-Saint-Denis, et Paris XVe) et le déménagement de 318 employés franciliens vers le Loiret
« J’ai l’impression d’être une délinquante »
« Je me sens insultée », soupire Hélène, 28 ans. Difficile pour cette téléopératrice d’accepter la compagnie d’un de ces agents de sécurité, posté à longueur de journée devant son plateau de travail : « J’ai l’impression d’être une délinquante. » L’une de ses collègues acquiesce. « C’est très stressant, on se sent fliqué même s’ils ne patrouillent pas sur les allées. On a le sentiment d’être des sous-salariés, souffle la jeune femme. On ne voit plus la directrice du site, qui est pourtant au même étage que nous. Et, quand on la croise, elle est toujours escortée par ces vigiles. » « Nous aussi, on doit nous protéger, s’indigne Eric, un salarié du site. Beaucoup d’employés sont en train de craquer. » Depuis mercredi, un numéro vert a été mis en place. Au bout du fil, une cellule psychologique pour ne pas laisser l’angoisse submerger les salariés.
ou le Nord. En plus de la crainte de perdre leur emploi, la présence des agents de sécurité, depuis le mois de septembre, semble avoir exacerbé le malaise des employés du prestataire de France Télécom et Orange. L’entreprise justifie le recours à une société de surveillance afin « d’assurer la sécurité de chacun et des outils de travail ». Mais l’argument passe mal auprès des salariés.