INTERVENTION CGT FRALIB DU 18 OCTOBRE 2011
Depuis le 28 septembre 2010, Unilever a annoncé la fermeture du thé de l’Eléphant.
Depuis cette date, les salariés avec leurs organisations syndicales CGT et CFE/CGC, sont rentrés en résistance contre la multinationale et luttent pour le maintien de l’activité industrielle et des 182 emplois.
En assemblée générale, le 2 septembre 2011, les salariés licenciés ont décidé d’occuper l’usine ; ils restent mobilisés et déterminés pour la défense de notre outil industriel.
Avec l’ensemble des salariés, nous prenons toutes les dispositions pour le sauvegarder et faire aboutir nos légitimes revendications et propositions économiques contenues dans notre solution alternative.
Unilever tire un trait sur des salariés, ouvriers et techniciens qui ont acquis un savoir-faire et une qualification professionnelle permettant une qualité des produits reconnue. Ce potentiel humain est à sauvegarder.
Ces savoir-faire et qualifications sont un point d’appui essentiel pour développer une activité industrielle agroalimentaire dans la région de Provence.
Cette activité agroalimentaire participe à la vitalité économique du territoire et à la pérennité du lien social entre ses habitants et ceux qui y travaillent. Les savoir-faire et compétences des salariés du Thé de l’Eléphant ouvrent des perspectives de développement de cette activité industrielle et de reconquête de notre marché intérieur des thés et infusions. La stratégie d’Unilever, sur le site de Gémenos, a entraîné une augmentation très importante de la productivité au détriment des conditions de vie et de travail des salariés.
Les salaires ne représentent plus qu’une part infime du prix de revient de la boîte de thé, en faisant un site particulièrement rentable et ils veulent encore la réduire.
En 20 ans, la productivité et l’exploitation par salarié ont donc augmenté de 50 %.
Une productivité du travail qui fait que la masse salariale totale du site ne représente plus que 16 cts d’€ sur une boîte de 25 sachets de thé ou d’infusion vendue dans le commerce entre 1,80 € et 2,60 €.
Il faut défendre un outil de travail performant.
La technologie développée par Unilever des sachets Pyramides, en fait inutile et imposée aux consommateurs, est très coûteuse et se répercute sur le prix à la consommation tout en n’apportant rien en termes de qualité (voire moins) ou d’utilisation.
Le rapport qualité-prix y est donc défavorable, mais permet à Unilever de faire payer aux consommateurs une innovation marketing inutile et augmenter ainsi ses profits.
La remise en oeuvre dans notre projet de la technologie d’aromatisation naturelle, spécifique et exclusive que Gémenos détenait dans ses sachets double chambre en papier filtre permettra une diffusion aromatique plus naturelle, de meilleure qualité, et répondra aux attentes en assurant une haute qualité des produits et un prix accessible pour les consommateurs.
Installée depuis 119 ans en Provence, la marque Eléphant doit être défendue pour rester en France.
A Marseille puis à Gémenos, la marque « Eléphant » est connue et reconnue au niveau national.
Cette reconnaissance a mis en échec la tentative d’Unilever de faire disparaître notre marque traditionnelle et de faire de Lipton la seule marque de thé du groupe en France.
En misant tous les investissements technologiques et publicitaires sur les sachets Pyramides sous la marque Lipton, Unilever vise à rayer d’un trait de plume une tradition nationale.
La fermeture du site de Gémenos menacerait de disparition la marque « Eléphant », fleuron de l’industrie nationale agroalimentaire.
La marque « L’Eléphant » doit continuer à vivre avec le maintien de l’outil industriel.
Fralib est une entreprise de conditionnement à maintenir pour un marché national à développer.
Elle est la seule entreprise française de conditionnement de thé et d’infusions. Sa fermeture est d’autant plus injustifiée que la France est le premier marché pour Unilever en Europe continentale et que le groupe répond à près de 40 % de la consommation française.
Fermer le site de Gémenos pour délocaliser la production en Pologne et en Belgique revient à accepter la suppression de 182 emplois, l’arrêt total de la production de thé et d’infusions en sachets en France et donc la réimportation de ces produits de l’étranger et une nouvelle dégradation de la balance commerciale du pays.
C’est accepter également que le marché français soit approvisionné de l’extérieur et une destruction de l’outil industriel qui nous interdirait toute production nationale.
Le site de Gémenos doit poursuivre son activité de conditionnement de thé et d’infusions et se développer afin de protéger et reconquérir le marché national.
Le maintien du site de production de Gémenos doit être l’occasion de construire des relations nouvelles de coopération avec les pays en développement pour l’approvisionnement solidaire en matières premières.
Contrairement aux transnationales qui font peser un talon de fer sur ces pays les maintenant dans la pauvreté, cet approvisionnement doit se faire dans un esprit de solidarité et sur un pied d’égalité pour aider à leur développement économique et social.
Il doit également être l’occasion de relancer la production et l’approvisionnement locaux en herbes aromatiques pour la production et le conditionnement d’infusions sur le site de Gémenos.
La gestion de l’entreprise Fralib par Unilever a été déloyale, le transfert de production a commencé bien avant l’annonce de la fermeture et le désinvestissement sur le site a créé les conditions du désengagement du groupe.
La stratégie de la transnationale Unilever au service de ses actionnaires a abouti à des gains considérables de productivité du travail.
Tandis que la productivité augmentait de 50 % en vingt ans, le salarié qui était payé 46 % au-dessus du Smic en début de période, vingt ans après n’était plus payé que 3,5 % au-dessus du Smic.
Cette spirale de réduction de la masse salariale est une course à l’abîme Unilever, pille les travailleurs et de la nation. Ceci n’entraîne que misère, chômage.
De plus, ces gains de productivité n’ont pas bénéficié aux consommateurs qui n’ont pas vu les prix des produits baisser.
Il faut rompre avec cette logique. Les salariés du site sont disponibles pour s’approprier, sous une forme à définir collectivement et en concertation, leur outil de travail qu’ils connaissent parfaitement.
Ils sont les mieux à même de le faire fonctionner pour bénéficier des richesses créées par leur travail et répondre aux besoins des consommateurs en matière de qualité des produits.
Unilever doit financer le développement de l’usine de thé et d’infusions de Gémenos.
La réorganisation d’Unilever et l’installation de son centre opérationnel en Suisse lui permet de passer à travers la fiscalité française et ainsi de voler chaque année et en toute impunité prés de 67 millions d’euros à la collectivité nationale.
En acceptant la fuite fiscale, en laissant Unilever poursuivre la casse de l’emploi et les délocalisations en Belgique et en Pologne, en démultipliant les cadeaux au patronat, le gouvernement collabore à des politiques patronales de destruction du potentiel agroalimentaire national.
Au niveau mondial, sur 7 ans (2001-2007), 13,7 milliards d’euros de dividendes ont été versés aux actionnaires qu’ils ont empochés sans rien faire.
Unilever France a fait remonter 750 millions d’euros de dividendes en 2008, après 300 millions en 2007, à sa maison mère. Cette richesse largement distribuée aux actionnaires est le fruit de l’exploitation des salariés du groupe et donc des 182 salariés de Fralib à Gémenos. Unilever peut et doit financer le plan de relance du site pour maintenir l’emploi, la production et le conditionnement de thé et d’infusions de l’Eléphant à Gémenos.
Unilever doit financer le développement de l’usine de thé et d’infusions de Gémenos, le groupe doit financer la poursuite de l’activité nous exigeons qu’il verse 300 millions d’euros représentant, l’équivalent du détournement d’impôts réalisés en France depuis 2007.
La marque nationale et traditionnelle du Thé de L’Eléphant est la propriété des salariés et le symbole de toute l’usine, pour laquelle tant de travailleurs ont passé leur vie et donné leur sueur pour y faire sa notoriété.
L’Eléphant vivra ! Il doit être sauvegardé et rester propriété des salariés qui, par leur savoir-faire, ont su construire sa reconnaissance et la qualité de ses produits.
Cette marque qu’Unilever fera disparaître sans vergogne en faisant disparaître notre usine comme elle a déjà essayé de le faire il y a quelques années en arrière.
Cette marque qui fait la fierté des Marseillaises et des Marseillais parce qu’elle a depuis 119 ans été fabriquée à Marseille et dans sa région.
Cette marque est notre patrimoine et fait partie de notre l’histoire, elle doit rester notre propriété et celle des travailleurs. Aujourd’hui nous disons au groupe Unilever, tous ensemble : touche pas à l’Eléphant.
Les collectivités territoriales locales et les politiques s’engagent autour de nous ; un immense élan de solidarité se construit.
Nos familles et amis, la CGT, des partis de gauche, des associations, des citoyens en très grand nombre nous apportent leur contribution. Ce mouvement qui trouve échos dans les médias, nous conforte dans notre détermination.
Notre Comité National de soutien co-présidé par André Chassaigne, député communiste, s’élargit à de nombreuses personnalités et montre la portée de l’exigence simple de rendre « Fralib aux Fralibiens ».
De nombreux députés de toutes familles politiques relaient nos demandes. Parmi eux F. Hollande et M. Vauzelle se sont adressés aux ministres concernés pour la tenue d’une table ronde nationale sur nos objectifs économiques et sociaux.
Nos syndicats, comme eux, non pas eu la réponse voulue à notre demande d’une table ronde permettant de construire à partir de notre solution alternative.
Nos syndicats CGT et CGC vont engager de nouvelles démarches pour réaffirmer nos exigences d’une table ronde.
Cette solidarité s’est vue le 3 octobre « journée folle et grandiose » d’après un journaliste, et le 11 octobre en tête de la manifestation pour une autre répartition des richesses.
Face à ces forces qui se conjuguent, Unilever joue la provocation, soutenu en cela par une petite clique sarkozyste.
Mais ces forces, pouvoir et patronat doivent en tenir compte.
Nous continuerons ensemble à faire grandir ce
mouvement.
La tenue d’une véritable table ronde nationale, doit être mise en place pour discuter du plan de relance de l’activité.
Sur les bases de nos revendications économiques et sociales, cette table ronde est un moyen de reconstruire un avenir industriel et l’emploi à Gémenos.
Ceux qui tournent le dos à de telles perspectives assumeront leur responsabilité. Fralib, dont la gestion doit se faire en association avec les salariés et être souveraine, doit devenir « l’Entreprise provençale et nationale » de conditionnement de thé et d’infusion, répondant aux besoins des consommateurs de notre pays.
Au début de notre lutte le slogan était, L’Eléphant est Français en Provence il doit rester !
Aujourd’hui c’est devenu, L’Eléphant est Français en Provence il va rester !
Tous ensemble,
faisons que demain on puisse dire
L’Eléphant est Français, en Provence il est resté